Le mercredi 5 août 2026, trois représentants de la délégation haïtienne se sont vu refuser l’accès au territoire béninois à l’aéroport de Cotonou. Aucun motif officiel n’a été communiqué, alors même que les détenteurs d’un passeport haïtien n’ont pas besoin de visa pour entrer au Bénin, pays qui encourage les visites de personnes afrodescendantes.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une interdiction temporaire du Forum social mondial (FSM) décrétée par les autorités béninoises. Entre le 4 et le 5 août, d’autres participants, notamment des représentants suédois, finlandais et ougandais, ont également été expulsés, tandis que des délégués voyageant dans les mêmes vols ont pu franchir l’immigration sans problème. Des caravanes provenant d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale et du Sahel ont également été bloquées aux frontières béninoises, soulevant des questions de conformité avec le droit de libre circulation au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Réactions de la délégation haïtienne et du Haiti Support Group
Les membres de la délégation haïtienne, accompagnés du Haiti Support Group, ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’humiliation et de violation de leurs droits. Leurs passeports ont été retenus et ils ont été renvoyés vers leur pays d’embarquement sur le vol suivant, avant même que l’interdiction du Forum ne soit levée quelques heures plus tard.
Pour les représentants de la société civile haïtienne, la participation au FSM revêtait une dimension symbolique forte, rappelant les liens historiques entre Haïti et le Bénin, notamment la naissance de Toussaint Louverture à Allada et les migrations ancestrales via Ouidah.
Les organisateurs et les observateurs exigent désormais une réponse officielle du gouvernement béninois, estimant le refoulement « scandaleux » et appelant à un respect effectif des engagements de libre circulation au sein de la CEDEAO.
Source : AlterPresse
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