jeudi 17 septembre 2026

Retour hésitant des habitants à Pernier : la sécurité reste le principal frein

Après plusieurs mois d’absence, des riverains de Pernier envisagent de reprendre leurs maisons, mais l’absence de garanties sécuritaires freine un retour massif.

Retour hésitant des habitants à Pernier : la sécurité reste le principal frein
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À Pernier, quartier périphérique de Pétion‑Ville, les habitants qui avaient fui leurs habitations sous la pression des gangs commencent à revenir, mais le mouvement reste très limité. Certains nettoient leurs résidences, réparent les dégâts ou vérifient l’état de leurs biens, tandis que d’autres restent dans l’attente d’une sécurité durable.

Des premiers pas vers la réhabilitation

Des riverains ont repris le nettoyage des rues et le déblayage des décombres afin de faciliter la circulation. Quelques églises ont également rouvert leurs portes, signe d’une volonté de rétablir une vie normale. Dans les blocs de Greffin et de Dèyè Lise, des vidéos partagées sur WhatsApp montrent des familles qui envisagent de rentrer.

Une présence policière intermittente

La Police nationale d’Haïti effectue des patrouilles le long de la route de Pernier, avec des blindés et d’autres véhicules qui circulent périodiquement. Ces opérations ont permis de rouvrir certains déplacements, mais les habitants réclament un poste de police permanent ou la reconstruction du sous‑commissariat détruit en janvier 2023. Ils estiment que la sécurité ne peut plus dépendre uniquement d’interventions ponctuelles.

Des zones toujours sous tension

Le secteur de Châteaublond, voisin de l’Académie de police, reste particulièrement préoccupant. Des groupes armés y sont encore actifs, entraînant des incidents fréquents et décourageant les conducteurs de s’y aventurer. Cette situation alimente les craintes quant à la reprise complète des activités dans tout le quartier.

Les opérations récentes contre les gangs, notamment l’assaut de l’UTAG en mai 2026 et les affrontements de juillet 2026, ont affaibli certaines structures criminelles, mais les tirs sporadiques et les menaces persistent. Les habitants, tout en souhaitant éviter les loyers élevés dans d’autres localités, préfèrent investir dans la remise en état de leurs maisons plutôt que de rester à l’écart.

En résumé, le retour à Pernier se fait à pas de tortue, conditionné par la capacité des autorités à garantir une présence sécuritaire stable et à rétablir les services publics indispensables.


Source : AlterPresse
AlterPresse