À l’approche du premier tour des élections présidentielles prévu le 13 décembre 2026, la Table de la Relève Nationale (TRN) a publié une analyse mettant en lumière les difficultés d’accès au vote que rencontreraient environ 30 % de la population adulte du pays. Selon ses calculs, 7,43 millions de personnes âgées de 18 ans ou plus constituent l’électorat potentiel, dont 2 174 667 adultes vivent dans des zones où la violence et les déplacements de population pourraient entraver le déroulement normal du scrutin.
Des communes sous contrainte sécuritaire
Le périmètre étudié comprend les localités urbaines de Port‑au‑Prince, Carrefour, Delmas, Cité Soleil, Croix‑des‑Bouquets, ainsi que les villes de l’Ouest et de l’Artibonite telles que Saint‑Marc, Dessalines, Petite‑Rivière de l’Artibonite, Verrettes et L’Estère. L’ajout de Kenscoff et Ganthier porte la proportion d’électeurs potentiellement affectés à 30,33 % du total national.
La TRN précise que ces chiffres ne signifient pas une interdiction totale d’accès, mais plutôt une forte probabilité de perturbations majeures dans les centres de vote. L’organisation distingue clairement l’abstention volontaire – choix personnel de ne pas voter – de l’exclusion forcée, où les citoyens ne peuvent ni s’inscrire, ni se rendre aux bureaux de vote à cause de l’insécurité.
Conséquences chiffrées
En fonction de différents scénarios, la TRN estime que si 25 % des adultes concernés étaient empêchés de voter, environ 90 900 bulletins resteraient non exprimés. Ce chiffre grimperait à 181 800 pour un taux de 50 % d’exclusion, à plus de 272 700 pour 75 % et atteindrait 363 600 dans le cas d’une inaccessibilité totale du périmètre étudié. Ces projections sont comparées aux marges de victoire des deux dernières élections présidentielles, qui s’élevaient à 380 239 et 382 939 voix respectivement.
Recommandations de la TRN
Face à ces risques, l’organisation formule quatre demandes principales aux autorités : la création d’une matrice publique d’opérabilité électorale, une distinction claire entre les électeurs inscrits et ceux rattachés à des bureaux fonctionnels, la mise en place de mécanismes spécifiques pour les déplacés internes (transfert électoral, centres spéciaux, information et protection) et l’adoption de critères objectifs pour décider du report ou de la reprise d’un scrutin local, avec un contrôle indépendant.
La TRN conclut que la légitimité d’un mandat national dépend avant tout de la capacité à garantir un accès réel et équitable au vote, même dans les zones les plus exposées.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info