mercredi 16 septembre 2026

Sécurité et échéance électorale : la TRN met le gouvernement haïtien sous pression

Dans une nouvelle note, la Table de la Relève Nationale dénonce l’insuffisance des mesures de sécurité et l’incertitude du calendrier électoral, appelant le gouvernement à des actions concrètes.

Sécurité et échéance électorale : la TRN met le gouvernement haïtien sous pression
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Près de deux ans après l’installation d’Alix Didier Fils‑Aimé à la Primature, la situation sécuritaire d’Haïti reste précaire et les perspectives électorales incertaines. La Table de la Relève Nationale (TRN) a publié, le 9 septembre, une seconde note de position qui critique l’absence de résultats tangibles et rappelle les priorités annoncées lors de la prise de fonction du gouvernement.

Des faits qui illustrent la gravité du problème

Le massacre de Kenscoff, où au moins quarante‑sept personnes, dont cinq enfants, ont perdu la vie, ainsi que l’enlèvement prolongé de James Boyard, haut responsable de la défense et de la police, sont cités comme preuves d’une crise qui ne se résout pas par des opérations ponctuelles. Selon la TRN, la simple multiplication d’interventions armées ne suffit pas à « reconquérir » le territoire tant que les citoyens ne peuvent circuler, travailler, aller à l’école ou accéder aux services publics sans crainte.

La plateforme met également en garde contre une dépendance excessive aux drones et aux sociétés privées de sécurité. Ces moyens peuvent soutenir les forces de l’ordre, mais ils ne remplacent pas un appareil policier, judiciaire et institutionnel solide.

Un calendrier électoral jugé irréaliste

Le 13 décembre 2026 a été fixé comme date cible pour les élections. La TRN estime que, dans les conditions actuelles, cette échéance ne garantit ni la sécurité des scrutins, ni leur inclusivité ou leur crédibilité. Elle rappelle que la sécurité et les élections étaient parmi les priorités affichées dès le 11 novembre 2024, mais que le bilan reste largement insuffisant.

Pour répondre à ces lacunes, la TRN propose quinze mesures concrètes : sécurisation des corridors, encadrement strict des drones et des contrats privés, démantèlement des réseaux criminels, renforcement du système police‑justice et mise en place de conditions minimales de sécurité pour le vote.

Un appel à une gouvernance mesurable

Au-delà des recommandations techniques, la TRN lance un message politique : Haïti ne peut plus se contenter de promesses. Le pays a besoin d’un État capable d’agir, de protéger et de rendre des comptes. La plateforme invite à envisager une alternative de gouvernance avec une équipe compétente, soumise à des objectifs précis et vérifiables.

Alors que les responsables débattent de stratégies, la population continue de subir les conséquences de l’insécurité : déplacements forcés, fermetures de commerces, écoles inactives, enlèvements et pertes humaines. Le temps des discours s’amenuise, et les Haïtiens attendent des actions concrètes.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info