Le 26 août 2026, plus de douze mois après la signature d’un accord de 52 millions de dollars entre le gouvernement haïtien et Windward Wyoming LLC, entreprise associée à l’entrepreneur américain Erik Prince, la situation sécuritaire n’a guère évolué. Malgré les fonds alloués, les groupes armés conservent une forte emprise sur de larges parties du pays.
Dans la nuit du 23 au 24 août, la commune de Kenscoff a été le théâtre d’un assaut meurtrier. Les Nations unies estiment à 47 le nombre de personnes tuées, 22 blessées et plus de 50 enlevées, parmi lesquelles cinq enfants. Cette attaque s’inscrit dans une série de violences qui frappent la localité depuis janvier 2025.
Territoires toujours sous domination des gangs
Les communes de Croix‑des‑Bouquets, Carrefour, Cabaret, Mirebalais, Dessalines et plusieurs localités de l’Artibonite restent soumises aux règles imposées par les bandes. Les déplacements sont souvent bloqués, les commerces ferment et l’accès aux services essentiels se fait rare. À Gressier, des incendies déclenchés lors de récentes escarmouches ont provoqué de nouveaux déplacements de population.
Bilan des victimes
Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a recensé, entre avril et juin 2026, 1 408 morts et 656 blessés, soit 2 064 victimes en trois mois. Les groupes armés seraient responsables de 55 % de ces chiffres, tandis que les opérations des forces de sécurité représentent 40 %. Le même rapport indique 796 cas de violences sexuelles liés aux gangs durant le deuxième trimestre.
Le contrat prévoyait le déploiement d’équipements technologiques, notamment des drones, pour soutenir les forces de sécurité. Selon la Fondation Je Klere, 35,5 millions de dollars ont déjà été déboursés entre avril et novembre 2025, mais les effets concrets sur le terrain restent difficiles à mesurer. Aucun chef de gang majeur n’a été arrêté ou neutralisé depuis le début de la coopération.
En dépit des ressources engagées, les bandes continuent de recruter, d’organiser des offensives et de menacer les populations civiles. Le massacre de Kenscoff rappelle la fragilité de la protection offerte aux habitants et souligne les défis majeurs qui attendent les autorités haïtiennes pour rétablir l’autorité de l’État.
Source : Vant Bèf Info
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