Dans un contexte de crise politique, institutionnelle et sécuritaire, le regroupement citoyen Konnen Ki Fè a publié un document intitulé Vers une méthode nationale de sélection de l’autorité de transition. L’objectif affiché est de transformer la période de transition en un véritable levier de restauration de l’État, de renforcement institutionnel et de préparation d’élections crédibles.
Cinq étapes proposées
Le texte avance une séquence de cinq phases : définir d’abord la mission de la transition, préciser le profil recherché, établir des critères de sélection, procéder à une vérification indépendante, et enfin choisir la personne. Cette logique vise à éviter que le processus ne se résume à la recherche d’un nom ou à des jeux d’influence politique.
Le profil idéal, selon le groupe, doit réunir au moins trente ans d’expérience professionnelle, une réputation irréprochable, ainsi qu’une intégrité et une indépendance vis-à-vis des partis. La connaissance du droit, des institutions publiques et de la gestion de l’État est également mise en avant. Une expérience dans l’administration ou la justice est considérée comme un atout, sans toutefois être une condition obligatoire.
Avant toute nomination, Konnen Ki Fè préconise une vérification approfondie et indépendante couvrant les qualifications, les antécédents judiciaires et disciplinaires, la situation fiscale, le patrimoine et les éventuels conflits d’intérêts. Le processus doit respecter les droits fondamentaux des candidats, qui doivent être informés des faits reprochés et pouvoir se défendre.
Pour garantir la responsabilité des dirigeants de la transition, le collectif propose la mise en place d’un organe indépendant chargé d’examiner les éventuelles fausses déclarations ou dissimulations. Cette mesure s’applique au président de la transition, au Premier ministre et aux ministres, tout en évitant qu’elle ne devienne un instrument de règlement de comptes politiques.
Konnen Ki Fè met en garde contre la tentation de transformer la transition en une nouvelle conquête du pouvoir. Le groupe insiste sur le respect de la Constitution, des lois et des engagements internationaux, ainsi que sur la neutralité de l’État. Selon lui, le succès d’une transition se mesure à sa capacité à préparer son propre départ et à restituer le pouvoir au peuple.
Source : Vant Bèf Info
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