dimanche 1 novembre 2026

Violences à Kenscoff : le rapport de l’ONU pointe deux anciens parlementaires comme soutiens présumés

Le Groupe d’experts de l’ONU accuse Alfrédo Junior Antoine et Nenel Cassy d’avoir alimenté les groupes armés responsables d’une vague meurtrière à Kenscoff entre juillet 2026, révélant des liens politiques au cœur de la crise sécuritaire.

Violences à Kenscoff : le rapport de l’ONU pointe deux anciens parlementaires comme soutiens présumés
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Le dernier rapport présenté au Conseil de sécurité des Nations Unies met en lumière le rôle supposé de deux figures politiques de la 50e législature haïtienne dans l’escalade de la violence à Kenscoff. Selon les experts, l’ancien député d’Alfrédo Junior Antoine et l’ancien sénateur Nenel Cassy auraient entretenu des relations étroites avec des groupes armés, facilitant ainsi les attaques qui ont fait plus de soixante‑et‑un morts et déplacé près de six mille habitants entre le 4 et le 9 juillet 2026.

Alfrédo Antoine, un ancien député au centre des accusations

Ancien représentant de la commune de 2016 à 2020, Alfrédo Junior Antoine est décrit comme un commanditaire de plusieurs opérations violentes. Le document indique qu’il aurait armé des groupes de jeunes dès 2016, ces formations évoluant par la suite en gangs actifs dans la région. Parmi les faits reprochés figurent des enlèvements, des détentions illégales de dissidents et la planification d’une attaque massive du 27 janvier 2025, qui aurait fait plus d’une centaine de victimes, accompagné de violences sexuelles, de pillages et d’incendies.

Le rapport cite également des communications régulières entre Antoine et le chef de gang local, Dady Paul, alias « Didy », ainsi que la fourniture d’armes et de fonds via un intermédiaire. Des armes à feu illégales auraient été saisies à son domicile. Après une arrestation en avril 2025 pour complot contre la sûreté de l’État et financement d’organisations criminelles, il a été libéré en mai, tout en rejetant les accusations.

Nenel Cassy, l’ancien sénateur des Nippes

Le même texte accuse Nenel Cassy d’avoir organisé des réunions destinées à préparer des attaques contre Kenscoff, en collaboration avec le même chef de gang. Des liens sont également évoqués avec plusieurs coalitions armées, dont Ti‑Makak, G‑Pèp et le gang Kraze Baryè. Le rapport mentionne une distribution d’armes à Gressier en 2018 et une attaque contre la résidence d’un ancien sénateur fin 2022, soutenue par Ti‑Makak.

Cassy a été arrêté en 2025, puis libéré en août de la même année. Le groupe d’experts a tenté de le contacter pour obtenir sa version, sans succès au moment de la rédaction du rapport.

Ces révélations soulignent la dimension politique de la crise sécuritaire à Kenscoff, où des acteurs institutionnels seraient impliqués dans le financement et la coordination d’activités criminelles, aggravant la situation déjà critique de la population locale.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info