vendredi 18 septembre 2026

Budget de la Police nationale haïtienne : 124 milliards de gourdes dépensés, mais la violence persiste

En cinq ans, les crédits alloués à la Police nationale d’Haïti ont grimpé de 16,7 à 26,5 milliards de gourdes, totalisant 124,86 milliards. Malgré cet investissement, les attaques comme le massacre de Kenscoff montrent que les résultats restent insuffisants.

Budget de la Police nationale haïtienne : 124 milliards de gourdes dépensés, mais la violence persiste
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Les cinq derniers exercices budgétaires ont vu les crédits de la Police nationale d’Haïti (PNH) passer de 16,69 milliards de gourdes en 2021‑2022 à 26,53 milliards en 2025‑2026, soit une hausse d’environ 59 %. Au total, près de 124,86 milliards de gourdes ont été engagés.

Une hausse budgétaire face à une insécurité persistante

Cette augmentation intervient alors que la situation sécuritaire se détériore. Dans plusieurs régions, des groupes armés contrôlent le territoire, imposent leurs règles et contraignent les familles à abandonner leurs maisons. Les enlèvements, massacres et déplacements restent fréquents.

Le massacre de Kenscoff, survenu dans la nuit du 23 au 24 août 2026, illustre la difficulté à garantir la protection. Après plusieurs attaques depuis 2025, la commune a de nouveau été la cible : des habitations incendiées, des victimes et de nouveaux exodes.

Les autorités pointent du doigt des contraintes structurelles : effectifs insuffisants, manque d’équipements, logistique déficiente, formation limitée et capacités de renseignement faibles. Les groupes armés, quant à eux, disposent d’armes et de ressources importantes, rendant la lutte plus complexe que le simple financement.

Le débat dépasse donc le montant du budget. Les indicateurs de performance – nombre de policiers déployés, état des commissariats, disponibilité des véhicules, opérations menées et contrôle durable des zones – restent peu transparents. La population réclame des comptes sur l’usage de ces fonds, sans que l’augmentation budgétaire se traduise automatiquement en sécurité.

Pour que les dépenses publiques se convertissent en résultats concrets, il faut une organisation adaptée, un commandement efficace, des personnels formés et un système judiciaire fonctionnel. La coordination entre les institutions et une présence étatique soutenue sont également essentielles.

En définitive, les 124,86 milliards de gourdes investis représentent un effort majeur, mais l’enjeu principal demeure la capacité à transformer cet argent en protection réelle pour les Haïtiens.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info