vendredi 18 septembre 2026

Le Conseil de sécurité de l’ONU pointe les limites de l’intervention internationale en Haïti après le massacre de Kenscoff

Lors d'une session d'urgence du 28 août 2026, les représentants du Conseil de sécurité ont souligné l'insuffisance des mesures prises depuis trois ans pour contenir les gangs haïtiens, appelant à un renforcement de la Force de répression des gangs et à une lutte accrue contre les flux d'armes et de financement illicite.

Le Conseil de sécurité de l'ONU pointe les limites de l'intervention internationale en Haïti après le massacre de Kenscoff
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La réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, tenue le 28 août 2026, a été déclenchée par l’attaque meurtrière survenue à Kenscoff, à l’est de Port‑au‑Prince. Les délégués ont unanimement constaté que les initiatives lancées depuis 2023 n’ont pas permis de contenir la violence, malgré les ressources mobilisées.

Un mandat encore loin d’être rempli

Trois ans après l’adoption d’une résolution autorisant la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), la Force de répression des gangs (FRG) reste sous‑effectif et n’a pas encore pu exercer pleinement les prérogatives qui lui ont été confiées. La France a rappelé que, malgré les contributions financières des États membres, le déploiement complet de la FRG n’est toujours pas réalisé, tandis que les États‑Unis ont réitéré la nécessité d’accélérer son renforcement.

Haïti a, de son côté, réclamé que la FRG atteigne rapidement les 5 500 postes prévus et que l’embargo sur les armes soit appliqué de façon stricte. La question des flux d’armes demeure centrale : le pays continue de subir des arrivées illégales, accusation que la Russie a dirigée contre les États‑Unis, tandis que la France a insisté sur la lutte contre les financements illicites alimentant les groupes armés.

Des positions divergentes au sein du Conseil

La Chine a mis en garde contre une stratégie exclusivement militaire, soulignant le risque d’un cercle vicieux pour les civils. Le Brésil a élargi le débat en rappelant que la crise ne peut être résolue uniquement par la sécurité, évoquant les « économies criminelles » générées par le contrôle de points logistiques et les revenus d’extorsion, et appelant à des alternatives économiques pour les jeunes.

Les membres africains du Conseil, représentés par la République démocratique du Congo, ont rappelé que la restauration de l’autorité de l’État, le renforcement des institutions et la garantie des services essentiels sont indispensables pour accompagner toute action sécuritaire.

Les chiffres du Bureau national d’aide humanitaire (BNAH) confirment la gravité de la situation : entre avril et juin 2026, 1 408 personnes ont été tuées et 656 blessées. L’attaque de Kenscoff a fait 47 morts, plusieurs enlèvements et des destructions de biens. Plus d’un million et demi de personnes sont déplacées, dont la moitié d’enfants, et plus de 1 600 écoles restent fermées.

En conclusion, les déclarations du 28 août traduisent un paradoxe persistant : la communauté internationale continue de réclamer les mêmes moyens qu’elle a déjà identifiés, tandis que les gangs étendent leur emprise et que la crise humanitaire s’aggrave.


Source : AlterPresse
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