Depuis deux mois, James Boyard, chef de cabinet du ministre de la Défense, et sa fille vivent une captivité dont le quotidien reste largement invisible. Au départ, l’affaire avait suscité une vive émotion dans les médias et parmi les organisations de défense des droits humains, mais le temps a progressivement atténué l’intensité des réactions publiques.
Un silence qui s’installe
Les déclarations officielles se font rares, les porte-parole du gouvernement n’ont plus communiqué d’avancées concrètes, et les réseaux sociaux ne relaient plus les appels à la libération. Cette absence de visibilité alimente le sentiment que le dossier glisse vers l’oubli, alors même que la famille de la victime continue de vivre dans l’angoisse.
Le cas de Boyard, proche collaborateur d’un ministre, met en lumière les limites perçues de la protection offerte aux personnes liées aux hautes fonctions de l’État. Si un tel responsable peut rester aux mains de ses ravisseurs pendant plusieurs semaines, la question se pose quant à la capacité des autorités à garantir la sécurité des citoyens ordinaires confrontés à la même menace.
Cette situation reflète un malaise plus large dans la société haïtienne, où les enlèvements et les actes de violence restent une préoccupation quotidienne pour de nombreuses familles. Le manque de suivi médiatique ne fait qu’accentuer le sentiment d’insécurité et de désengagement des institutions.
Les proches de James Boyard appellent à une mobilisation accrue des ressources de l’État, à la fois pour accélérer les investigations et pour assurer une protection renforcée des personnes exposées aux risques. Ils insistent sur le fait que chaque jour supplémentaire de captivité représente une perte inacceptable pour les victimes et leurs familles.
Alors que le pays continue de faire face à des défis sécuritaires multiples, le rappel de ce cas doit servir de point de départ à un débat public sur les mesures de prévention et de réponse aux enlèvements, afin d’éviter que d’autres histoires similaires ne sombrent dans l’oubli.
Source : Vant Bèf Info
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