vendredi 18 septembre 2026

Élections haïtiennes 2026 : entre explosion des partis, financement obscur et recrudescence des kidnappings

Le processus électoral haïtien se caractérise par la multiplication des formations politiques, des coûts de campagne exorbitants et une vague de kidnappings où même des policiers sont pointés du doigt.

Actualités - Alaminuteinfo.com
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Le Conseil électoral provisoire a enregistré 17 groupements rassemblant 227 des 316 partis politiques agréés, un nombre qui soulève des questions sur la nature du pluralisme dans le pays. La simple inscription d’un candidat à la présidence, à la députation, au Sénat ou aux municipales engendrerait des frais avoisinant le million de dollars, un montant difficilement supportable pour la plupart des formations.

Financement et risques de criminalité

Les enquêtes du Miami Herald indiquent que les gangs tirent des millions de dollars de l’extorsion et du contrôle de corridors stratégiques. Cette manne financière pourrait infiltrer le financement des partis, sans mécanismes de contrôle suffisants pour empêcher que l’argent du crime ne se transforme en pouvoir politique.

Violence et kidnappings

Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a recensé 57 enlèvements contre rançon au premier trimestre 2026, un chiffre jugé sous‑estimé. Un réseau de 18 personnes, dont cinq policiers suspectés d’enlèvements, a été démantelé en février. Parmi les cas les plus médiatisés, le cadre du ministère de la Défense, James Boyard, et sa fille demeurent détenus deux mois après leur capture.

Les kidnappings se sont étendus aux communes de Bourdon, Delmas 31, 33, 75 et 83, où le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains, Pierre Espérance, souligne la présence de policiers parmi les ravisseurs, une réalité que les autorités supérieures semblent connaître.

Le 1er août, la tiktokeuse Laury Lacombe, alias « Ti Kreyòl », a été arrêtée à Delmas 75, soupçonnée d’entretenir des liens avec un chef de gang. Son affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, illustre la proximité croissante entre certaines figures publiques et le monde criminel.

Au 3 août, seulement 60 000 électeurs étaient inscrits depuis le lancement des opérations le 20 juillet, un chiffre dérisoire face aux attentes d’un scrutin national. Le risque que les groupes armés, après avoir consolidé leur emprise sur les routes, s’en emparent des urnes reste une inquiétude majeure.


Source : AlterPresse
AlterPresse