jeudi 17 septembre 2026

Expulsions massives d’Haitiens depuis les États‑Unis : réactions et enjeux humanitaires

Des centaines de Haïtiens ont été renvoyés aux États‑Unis après la fin du programme TPS, suscitant des dénonciations de la part d'organisations de défense des droits et d'acteurs religieux.

Expulsions massives d'Haitiens depuis les États‑Unis : réactions et enjeux humanitaires
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Le 27 juillet 2026, l’administration américaine a mis un terme au programme de Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Depuis, plusieurs vagues de déportations ont été enregistrées, la dernière le 10 septembre 2026, lorsqu’un vol charter de 82 passagers a atterri au Cap‑Haïtien sous une forte pluie.

Un nombre croissant de rapatriements forcés

Ce quatrième vol porte le total des expulsés à plus de 400 personnes depuis la clôture du TPS. Les arrivées se sont déroulées dans des conditions jugées inhumaines : les migrants, menottés, ont subi un trajet de plus de douze heures avant d’atteindre l’aéroport haïtien avec un retard de sept heures sur l’horaire prévu.

Alertes des organisations de soutien

Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) a publié une note dénonçant l’absence d’infrastructures adéquates pour accueillir ces personnes. Selon le groupe, l’État haïtien ne dispose pas des ressources nécessaires pour répondre aux besoins immédiats, ni pour assurer une réinsertion socio‑économique durable.

Parallèlement, la Haitian Bridge Alliance, citant une étude de l’Acacia Center for Justice, indique que seulement 18 % des personnes concernées par les expulsions récentes bénéficient d’une représentation juridique, un taux parmi les plus bas pour les nationalités concernées aux États‑Unis.

Voix religieuses et internationales

La Conférence des évêques catholiques romains aux États‑Unis (USCCB) a adressé une lettre au président Donald Trump, exprimant une « profonde préoccupation pastorale » face à ces retours forcés. Le haut‑commissaire des Nations Unies aux droits humains, Volker Türk, a également appelé à suspendre les transferts vers des pays où les personnes risquent des préjudices irréparables.

Ces appels s’inscrivent dans un contexte de violence persistante en Haïti, rappelé par les autorités religieuses à la suite de l’attaque meurtrière de Kenscoff en août 2026, qui a fait 47 victimes.

Perspectives et demandes

Le GARR invite les autorités haïtiennes à engager des pourparlers avec Washington afin d’établir un protocole strict encadrant les rapatriements. L’objectif affiché est de créer un climat de stabilité qui découragerait les départs massifs et favoriserait un retour ordonné et digne des Haïtiens souhaitant revenir.


Source : AlterPresse
AlterPresse