jeudi 17 septembre 2026

La RN1, entre contrôles armés et zones de libre circulation : le témoignage d’un trajet périlleux

Un passager décrit son parcours entre Port‑au‑Prince et Les Gonaïves, entre consignes d’interdiction de téléphone, checkpoints de gangs et points de contrôle de la police, révélant l’état de la RN1 sous l’emprise armée.

La RN1, entre contrôles armés et zones de libre circulation : le témoignage d’un trajet périlleux
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Un voyageur a récemment partagé son expérience sur la Route nationale numéro 1, l’artère principale qui relie la capitale aux départements de l’Ouest, de l’Artibonite, du Nord et du Nord‑Est. Le trajet, habituellement long, s’est transformé en une série d’épreuves imposées par des groupes armés et, ponctuellement, par des forces de l’ordre.

Des consignes strictes dès le départ

Au Carrefour 3 Mains, près de l’aéroport international, le conducteur a demandé à tous les passagers d’éteindre leurs téléphones. Cette mesure, présentée comme indispensable, vise à éviter toute interférence avec les exigences des gangs qui contrôlent plusieurs tronçons de la route.

Contrôles multiples le long du parcours

Après le premier arrêt, le bus a traversé le Carrefour Drouillard, où un blindé de la Police nationale était stationné à proximité d’un ancien poste de police, aujourd’hui vandalisé. Plus loin, sur la « wout nèf », des hommes lourdement armés surveillaient la chaussée, tandis que des agents de marketing distribuaient leurs produits en rappelant les règles de conduite imposées par les groupes armés.

Entre Canaan et l’entrée d’Arcahaie, les maisons abandonnées et les signes de domination des gangs étaient omniprésents. Un checkpoint de la Brigade d’autodéfense d’Arcahaie a exigé l’identification de chaque passager, à l’exception des enfants, femmes enceintes et personnes âgées, avant d’inspecter leurs bagages.

Dans la zone d’Arcahaie, les téléphones pouvaient à nouveau être utilisés, signe d’une absence de contrôle gangrené. Cependant, à Carriès, un nouveau point de contrôle, soutenu par des blindés de la police et des agents de l’Udmo, a réimposé l’interdiction du téléphone, rappelant la fragilité de la sécurité sur la RN1.

Des contrastes entre zones contrôlées et zones libres

Le trajet a alterné entre des portions où les gangs installaient barricades, containers et tentes, et d’autres où la police assurait une présence visible, notamment près de Saint‑Marc et de Pont‑Sondé. Malgré la présence militaire, la vie quotidienne continue dans certaines villes, avec des marchés qui fonctionnent tant bien que mal.

Le voyage s’est achevé à Les Gonaïves, où une enseigne accueillante a marqué la fin d’une traversée marquée par la peur et la vigilance permanente.


Source : AlterPresse
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