Annoncé comme intervenant au symposium de l’OEA sur la crise sécuritaire et le système judiciaire haïtien, qui s’est tenu le jeudi 22 mai, le Dr Rod Joseph n’a finalement pas pris la parole. Son absence en a surpris plus d’un, d’autant plus que ce vétéran de l’armée américaine d’origine haïtienne et spécialiste des relations internationales était bel et bien présent dans les locaux de l’Organisation des États américains à Washington.
Selon ses propres déclarations publiées sur les réseaux sociaux, Rod Joseph attribue son exclusion à une décision politique. Il accuse nommément l’ancien ministre Mathias Pierre, actuel directeur de cabinet du conseiller présidentiel Smith Augustin, d’avoir exigé que son nom soit retiré de la liste des orateurs. Selon Joseph, c’est sa position critique à l’égard du Conseil présidentiel de transition (CPT) qui aurait été à l’origine de son éviction.
La scène a d’autant plus attiré l’attention que Joseph a été aperçu dans le bâtiment principal où se déroulaient les discussions. Il aurait publiquement pointé du doigt Mathias Pierre, exprimant son désaccord et dénonçant ce qu’il considère comme une atteinte à la liberté d’expression dans un espace censé favoriser le dialogue démocratique.
Cette affaire a relancé le débat sur la tolérance des opinions divergentes dans les discussions autour de la transition politique en Haïti. De nombreux observateurs s’interrogent sur la transparence et l’inclusivité du processus, en particulier lorsque des voix critiques semblent être délibérément exclues des plateformes de débat.
L’OEA, pour sa part, n’a pas encore réagi à cette controverse. Néanmoins, le colloque se poursuit avec d’autres personnalités haïtiennes et internationales, dans un contexte marqué par de vives tensions autour de l’avenir institutionnel du pays.









