Albert Ramdin, à la tête d’une délégation incluant la CARICOM, a de nouveau posé le pied sur le sol haïtien. Son agenda, centré sur la stabilité, la gouvernance et la préparation d’élections, rappelle les missions précédentes de l’Organisation des États américains (OEA) dans le pays.
Un passé qui revient au premier plan
En 2010, alors qu’il occupait le poste de secrétaire général adjoint de l’OEA, Ramdin était présent lors des controverses électorales qui ont conduit à l’élection de Michel Martelly. À cette époque, l’organisation a publié des évaluations publiques sur les résultats contestés, ce qui a alimenté les accusations d’ingérence. Le témoignage de Ricardo Seitenfus, alors représentant de l’OEA en Haïti, a mis en lumière des pressions internes et des tentatives de réduire au silence les critiques.
Ces épisodes restent peu traités dans la couverture médiatique actuelle. La plupart des articles récents décrivent la visite comme une simple rencontre diplomatique, sans rappeler le rôle joué par l’OEA dans les crises politiques antérieures.
Pourquoi la mémoire compte
Roromme Chantal, professeur agrégé de science politique, invite les journalistes à revisiter ces faits afin d’éviter une forme d’amnésie collective. Selon elle, la compréhension du passé est indispensable pour envisager des réformes crédibles. Elle souligne que la mission d’observation de l’OEA a, à plusieurs reprises, été perçue comme un instrument de pressions extérieures, notamment pendant les mandats de Jovenel Moïse et d’Ariel Henry.
Le rappel de ces éléments pourrait influencer le débat public sur la légitimité des futures élections et sur la pertinence d’une assistance internationale continue.
Un appel à la rigueur journalistique
Le texte de Félix Morisseau‑Leroy, qui compare l’OEA à une prostituée, illustre la méfiance populaire envers l’institution. Les observateurs estiment que les médias ont la responsabilité de questionner les interventions étrangères, plutôt que de les présenter comme anodines. Sans un examen critique, les leçons du passé risquent de se perdre, au détriment de la démocratie haïtienne.
Source : AlterPresse
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