lundi 3 août 2026

L’essor des tricycles et motos-taxis exacerbe les risques routiers à Port‑au‑Prince

L'augmentation des tricycles et des motos‑taxis à Delmas et Pétion‑Ville entraîne congestion et accidents, selon des études et le ministre du Commerce.

Actualités - Alaminuteinfo.com
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Dans la métropole de Port‑au‑Prince, la multiplication des tricycles aux côtés des motocyclettes classiques crée des embouteillages notables, notamment dans les quartiers de Delmas et de Pétion‑Ville. Le non‑respect du Code de la route, notamment l’absence de réglementation des deux‑roues comme transport en commun, alimente une hausse des collisions.

Statistiques alarmantes

Une étude de l’ONG Humanité & Inclusion réalisée en 2013 indiquait que 36 % des victimes d’accidents étaient des usagers de motocyclettes. Cinq ans plus tard, une enquête de Stop Accident (2018) révélait que les motos, toutes catégories confondues, étaient impliquées dans 60 % des accidents sur la voie publique. Le bilan publié en 2019 par la même organisation comptabilisait 2 186 accidents, faisant 3 691 victimes dont 497 décès sur les lieux.

Ces chiffres se sont aggravés dans le contexte de la crise sécuritaire actuelle, poussant plusieurs spécialistes à qualifier l’afflux massif de deux‑roues de « plus grand fléau de la circulation routière en Haïti ».

Réponses institutionnelles

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a rappelé que les biens non interdits par la loi peuvent être importés, ce qui inclut les tricycles et les motos‑taxis. Il a souligné la nécessité d’établir des données fiables sur leurs impacts afin que les universités et les instituts spécialisés mènent des recherches scientifiques. Le ministre a également appelé la société civile à signaler les effets négatifs afin de permettre aux autorités d’élaborer de nouvelles politiques publiques.

Selon le même ministre, la première étape consiste à disposer d’études objectives pour orienter les décisions gouvernementales, tout en reconnaissant la complexité du phénomène.

Facteurs socio‑économiques

Le marché haïtien a vu affluer des motocyclettes, bicyclettes et tricycles à bas coût. Face à la difficulté d’accéder à un emploi stable, de nombreux jeunes investissent dans le transport public informel, créant ainsi une offre massive de motos‑taxis. Le ministre Monazard a insisté sur le rôle des médias et des leaders de la société civile pour sensibiliser le public et encourager une prise de conscience collective.


Source : Radio Métropole
Radio Métropole