lundi 3 août 2026

L’insécurité alimentaire en Haïti pourrait toucher plus de trois millions de personnes d’ici début 2027

Les acteurs humanitaires préviennent une aggravation de la crise alimentaire, avec plus de trois millions de Haïtiens exposés à la phase de crise ou d’urgence entre juin 2026 et janvier 2027, sous l’effet de la violence et de la hausse des prix.

Actualités - Alaminuteinfo.com
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Les organisations du secteur humanitaire en Haïti alertent sur une détérioration probable de la sécurité alimentaire au cours des six prochains mois. Les données de plusieurs institutions, dont le Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET), indiquent que plus de trois millions de personnes pourraient se retrouver en situation de crise (phase 3 de l’IPC) ou d’urgence (phase 4) entre juin 2026 et janvier 2027.

Le pic des besoins humanitaires est attendu en novembre, juste avant les récoltes d’hiver. Cette période coïncide avec une intensification de la violence armée, qui contraint de nombreux ménages à se déplacer, à perdre leurs sources de revenus et à faire face à une inflation des prix alimentaires.

Zones les plus affectées

Les régions où la situation est la plus critique comprennent la métropole de Port‑au‑Prince, l’Artibonite, le Centre et plusieurs communes du Nord‑Ouest. Dans la capitale, les déplacés vivant dans des sites d’urgence subissent une perte d’activités économiques et des déplacements répétés liés à l’insécurité. Les communes de Cité Soleil, Croix‑des‑Bouquets, Cornillon et Ganthier sont classées en phase 4, reflétant une incapacité à assurer l’alimentation quotidienne.

Dans le Nord‑Ouest, la plupart des localités sont en phase 3, avec des poches de gravité accrue à Baie‑de‑Henne et Bombardopolis. L’Artibonate et le Centre, zones agricoles majeures, voient leurs surfaces cultivées diminuer en raison de l’accès restreint aux terres, de la pénurie de main‑d’œuvre et des difficultés de transport des intrants et des récoltes.

Conséquences sur les stratégies de survie

Face à la dégradation de leurs conditions de vie, de nombreux ménages adoptent des stratégies d’adaptation négatives : mendicité, vente d’actifs ou envoi d’enfants travailler ailleurs. La violence persiste comme facteur aggravant, entraînant des déplacements qui font grimper les prix des denrées et restreignent l’accès à la nourriture pour les familles les plus pauvres.

Les organisations humanitaires soulignent que la présence accrue des gangs le long des corridors commerciaux et dans les zones agricoles risque de maintenir ces pressions jusqu’à la fin de 2026, compromettant davantage la production et la commercialisation agricoles.


Source : Radio Métropole
Radio Métropole