Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en urgence le 28 août 2026 pour réagir à l’attaque meurtrière perpétrée par des groupes armés dans la commune de Kenscoff, à l’est de Port‑au‑Prince. Les résolutions adoptées insistent sur la nécessité d’accélérer le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG) et d’intensifier la présence des forces nationales haïtiennes dans la zone.
Dans la nuit du 23 au 24 août, les assaillants ont fait au moins 47 victimes et blessé plusieurs dizaines de personnes. Environ cinquante habitants ont été retenus en otage, tandis que des habitations, du bétail et des biens matériels ont été incendiés.
Le représentant du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, a souligné que la FRG doit atteindre rapidement son effectif prévu de 5 500 membres et disposer des moyens nécessaires à sa mission. Des pays comme la Côte d’Ivoire, la Mongolie et le Tchad se sont déjà engagés, et des négociations sont en cours avec le Bangladesh, le Guatemala, la Jamaïque et le Sri Lanka.
Le délégué haïtien, Pierre Ericq Pierre, a demandé une réponse « rapide, coordonnée et résolue » de la communauté internationale, insistant sur la libération immédiate et inconditionnelle des otages, parmi lesquels figurent des mères allaitantes et leurs nourrissons.
Les États-Unis, la France et le Panama ont exprimé leur soutien à l’accélération du déploiement, tandis que le Brésil a rappelé que la sécurité seule ne suffira pas. L’ONU préconise une approche intégrée combinant actions sécuritaires, aide humanitaire, stabilité politique et renforcement des services de l’État.
Selon Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim aux affaires humanitaires, trois priorités s’imposent : stopper la violence, financer durablement l’aide humanitaire et s’attaquer aux causes profondes de la crise. Plus de 6,4 millions de Haïtiens, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’une assistance urgente.
Les conséquences sur les services de base sont dramatiques : à Port‑au‑Prince, seulement 10 % des établissements de santé disposant de capacités d’hospitalisation fonctionnent, dont un unique hôpital public. Plus de 1 600 écoles sont fermées, privant 240 000 élèves d’enseignement. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance signale que 2,6 millions d’enfants sont en situation de besoin, tandis que les violences basées sur le genre ont dépassé les 5 500 incidents au premier semestre 2026.
Enfin, l’ONU a appelé à la mise en place d’enquêtes spécialisées pour poursuivre les auteurs, les financeurs et les fournisseurs d’armes des gangs, afin de mettre fin à l’impunité qui alimente la spirale de la violence.
Source : AlterPresse
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