jeudi 17 septembre 2026

Vers un nouveau pacte national : l’enjeu de l’inscription et de la justice en Haïti

Le 14 août 2026, une réflexion autour des propos de Dominique Dupuy met en lumière la nécessité d’une inscription citoyenne effective et d’une justice indépendante pour dépasser le modèle de la chaise vide et construire une véritable nation haïtienne.

Vers un nouveau pacte national : l’enjeu de l’inscription et de la justice en Haïti
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Le 14 août 2026, les propos de Dominique Dupuy, enseignante du Cap‑Haïtien, ont relancé le débat sur la participation électorale et la souveraineté haïtienne. En rappelant que la simple possession d’une carte d’électeur ne suffit pas, elle a insisté sur l’importance de l’inscription, même dans les zones où l’insécurité freine les démarches. Son appel à occuper l’espace politique, plutôt que de le laisser vide, s’inscrit dans une critique plus large du système qui, depuis la chute de Baby Doc, a vu se succéder boycotts, grèves électorales et stratégies de la chaise vide.

Un appel à la dignité avant le choix des partenaires

Lors d’un échange avec John Wesley Delva, Dupuy a rejeté la simplification du débat géopolitique entre la Chine et les États‑Unis. Elle a préconisé de renforcer d’abord la dignité nationale et la capacité de l’État à se défendre, avant de choisir un partenaire extérieur. Cette position souligne la nécessité d’un renforcement institutionnel interne, plutôt que de se reposer sur des alliances externes pour combler les lacunes internes.

Le texte évoque également le symbolisme de deux lieux historiques : le Pont‑Rouge, associé à l’assassinat du fondateur et à l’impunité, et le Bois‑Caïman, perçu comme le lieu d’un nouveau pacte national. L’auteur propose de remplacer le modèle du Pont‑Rouge par un « deuxième Bois‑Caïman », c’est‑à‑dire un accord national où la justice s’applique de façon égale à tous, puissants comme faibles.

Cette vision repose sur trois piliers classiques de la construction d’une nation : une école qui transmet une histoire commune, un service public qui crée le lien social, et une justice qui contraint les élites à respecter les mêmes règles que les citoyens ordinaires. Sans ces éléments, la sécurité reste un simple instrument de répression, l’éducation un vecteur de compétition et le dialogue national une réunion de ceux qui ont déjà gagné.

En résumé, la réflexion du 14 août invite les Haïtiens à s’inscrire, à exiger une justice indépendante et à reconstruire une dignité collective. Ce n’est qu’à cette condition que le nationalisme pourra dépasser le simple affichage symbolique pour devenir un véritable moteur de cohésion interne.


Source : AlterPresse
AlterPresse